Quand « l’obscurité » nous empêche de voir…

Peur du noir

Souvent les enfants ont peur du noir. Pourquoi ? Car ils ne peuvent pas voir ce qu’il y a dans leur chambre, ils ne savent pas ce qu’il y a coté d’eux. L’ignorance provoquée par l’absence de lumière déclenche de la peur. Pour arriver à une conclusion, ils remplissent ce manque d’information en projettant leur propre imagination et leurs propres appréhensions. Comme adultes, face à « l’obscurité » nous suivons parfois le même processus.

Le mental ne fait pas la différence entre le réel et l’imaginaire. C’est à dire à l’origine de la peur il n’y a pas forcement un danger mais la croyance qu’il existe (voir le post du 23/01). Lorsque nous pénétrons dans un environnement inconnu, nous faisons face au manque de connaissance. Il s’agit d’un moment d’instabilité nécessaire pour avancer, il faut l’accepter et le traverser. Ce manque de connaissance devient dangereux quand nous remplissons le trou d’information avec nos peurs. En faisant cela nous arrivons à des conclusions erronées qui peuvent déclencher des actions qui ne nous conviennent pas. Par exemple : « Je ne suis pas confortable ici et j’aimerai changer de ville. Mais qu’est ce qu’on va faire si les enfants ne s’adaptent pas bien ? Et si après notre entourage nous manque ? … Je décide donc de rester là où je suis pour ne pas prendre de risque ». La peur peut nous faire accepter ce que nous ne voulons pas et rejeter ce que nous désirons. Une autre conséquence de la peur est la violence. Quand nous ne sommes pas conscients de nos impulsions, notre comportement peut ressembler beaucoup à celui des animaux. Tous les animaux deviennent dangereux quand ils ont peur et ils attaquent pour se défendre. Cette affirmation a une grande similitude avec cette phrase attribuée à Napoléon : « la meilleure défense c’est l’attaque ». Que cela soit pour une question de territoire, d’idéologie ou en résumé de pouvoir, plus intense est la peur, plus nous risquons d’agir de façon disproportionnée.

L’absence de changement donne une agréable sensation de confort car elle nous évite l’instabilité. Le danger arrive quand ce confort devient plus important que l’envie de nous sentir mieux. La peur est l’émotion la plus destructrice que nous pouvons ressentir. Comme disait l’écrivain et philosophe britannique James Allen dans son livre « Comme un homme pense » : « la peur peut tuer une personne plus vite qu’une balle ».

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Le danger de s’identifier à ses problèmes

 

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Un symptôme très révélateur d’une résistance est de ressentir l’impérieux besoin de parler constamment de la même problématique. Plus ce besoin est intense, plus il est probable que la problématique fasse partie de notre identité.

Souvent nous avons des désirs : il peut s’agir du bonheur, d’éprouver un sentiment d’accomplissement, d’avoir une certaine situation familiale ou tout simplement un désir matériel. Comme dans une boucle sans fin, l’ayant obtenu nous partons à la recherche d’un nouveau désir. Qu’arrive-t-il si nous n’arrivons pas à l’atteindre ? Le temps que nous avons dédié à l’obtention de ce désir et son degré d’importance pour nous vont déterminer la frustration causée. Pour nous sentir mieux avec nous-mêmes, nous avons besoin de comprendre et d’accepter les raisons qui nous ont empêché d’atteindre notre objectif. L’acceptation nous permet d’avancer. Elle peut déclencher une nouvelle recherche en utilisant une stratégie différente ou, simplement, nous permettre de nous détacher de ce désir. Par contre, la non-acceptation est une résistance qui révèle de l’attachement, ce qui nous immobilise et ne produira que de la souffrance. Ce blocage est une lutte dans laquelle nous participons parfois sans même nous en rendre compte. Par exemple : « Je veux être heureux, mais je ne peux pas car j’ai eu une enfance très difficile qui m’a beaucoup marqué ». Cette personne se considère incapable d’être heureuse car elle pense que les cicatrices de son enfance font partie de son identité. De façon consciente ou inconsciente, elle croit que nous sommes le résultat de nos expériences. Apparemment, elle a accepté son « destin » mais elle ne peut pas s’empêcher de continuer à parler des obstacles que cette enfance crée dans sa vie actuelle. En fait, elle est dans la résistance. Elle n’a pas accepté les expériences vécues ni heureusement, la condamnation à vivre une vie qui exclut le bonheur.

Quand nous nous identifions à nos problèmes, il est facile de développer une dépendance au suivi psychologique. « Nous sommes le problème donc tant que nous existerons il sera là ». Dans ce cas, il arrive souvent que l’objectif de ce suivi psychologique soit d’offrir un espace à la personne pour satisfaire son impérieux besoin de parler de sa problématique identitaire. Il s’agit donc de « vider un peu le verre trop plein », lui donnant ainsi un sentiment de bien-être temporaire. D’un autre côté, chaque mot, chaque comportement, chaque émotion est un reflet de notre identité. Arrêter de s’identifier à ses problèmes peut être vécu comme un deuil et causer à la personne une crise identitaire. Les moments d’instabilité sont nécessaires pour avancer et trouver notre juste rythme nous empêche de voir notre vie bouleversée pendant ce processus.

Nous ne sommes pas ici pour subir nos expériences mais pour comprendre les apprentissages qu’elles engendrent. Notre comportement est le résultat de ce que nous avons choisi d’apprendre.

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